À l’ONU, les États membres de l’AES affirment leur place dans le paysage géopolitique du Sahel

À l’ONU, les États membres de l’AES affirment leur place dans le paysage géopolitique du Sahel. © MAECI Mali

En marge de la semaine de l’Assemblée générale des Nations Unies, les ministres des Affaires étrangères de la Confédération des États du Sahel (AES), en présence du Premier ministre nigérien, ont organisé, vendredi 25 septembre, à New York, un événement parallèle consacré à la sécurité et au développement au Sahel. La rencontre a réuni plusieurs hauts responsables et représentants d’organisations internationales, régionales et sous-régionales, autour de la vision et des priorités de la Confédération.

Un rendez-vous diplomatique de haut niveau

Placée sous le thème « Sécurité et développement au Sahel : cas de la Confédération des États du Sahel », la rencontre s’est présentée comme un espace d’information, de dialogue et de partage de perspectives sur les enjeux auxquels fait face la région sahélienne.

Plusieurs hautes personnalités des pays amis ainsi que des représentants d’organisations internationales, régionales et sous-régionales ont pris part aux échanges. Les discussions ont notamment porté sur la vision de la Confédération de l’AES, ses acquis et les efforts engagés par ses États membres en matière de sécurisation et de stabilisation de la sous-région.

Au fil des interventions, plusieurs participants ont souligné ce qu’ils considèrent comme l’importance croissante de la Confédération dans le paysage géopolitique ouest-africain. Pour ses promoteurs, l’organisation s’inscrit dans une dynamique visant à renforcer la coopération entre ses membres et à répondre collectivement aux défis sécuritaires, économiques et sociaux auxquels ils sont confrontés.

La sécurité au cœur des échanges

Les questions de sécurité ont occupé une place centrale dans les discussions. Pour certains intervenants, les efforts consentis par les pays de l’AES dans la lutte contre le terrorisme ont également des répercussions sur la sécurité des États côtiers d’Afrique de l’Ouest.

Cette perception a été résumée par l’une des déclarations fortes de la rencontre : « Si le Sahel va mal, les pays côtiers que nous sommes, du Nigéria jusqu’au Sénégal, iront mal. C’est pourquoi il faut le soutenir de manière inconditionnelle parce que les pays de l’AES constituent une digue pour nous les pays côtiers. »

D’autres participants ont appelé à accompagner la dynamique engagée par les trois pays membres, en mettant l’accent sur le respect de leurs choix et de leur souveraineté.

« Cette organisation a fait son choix et on doit l’accompagner, sans donner de leçon », a ainsi déclaré l’un des intervenants.

La question de la souveraineté a également été largement évoquée. Parmi les autres déclarations retenues figure notamment : « Nous respectons la souveraineté et l’intégrité territoriale des pays de la Confédération AES », tandis qu’un autre intervenant a estimé que « les pays du Sahel n’ont pas besoin de solutions formulées sans eux ».

Une ouverture revendiquée à la coopération

Les échanges ont également permis aux représentants de la Confédération de réaffirmer que l’AES n’entend pas se placer dans une logique d’isolement.

Les organisateurs ont insisté sur le fait que la Confédération n’a pas été créée pour s’opposer à une quelconque organisation, mais pour défendre les intérêts de ses populations et répondre à leurs aspirations en matière de paix, de sécurité et de développement durable.

Dans cette perspective, l’AES affirme rester ouverte à une coopération fondée sur des intérêts mutuellement bénéfiques, ainsi que sur le respect de la souveraineté et l’égalité entre partenaires.

Le ministre Abdoulaye Diop interpelle la communauté internationale

Prenant la parole lors de la rencontre, le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a, pour sa part, dénoncé ce qu’il présente comme le rôle de l’Ukraine dans le soutien à des groupes terroristes opérant au Sahel.

Le chef de la diplomatie malienne a qualifié cette situation de menace pour la stabilité sous-régionale et appelé la communauté internationale à ne pas rester silencieuse face à ce qu’il considère comme une attitude inacceptable de la part de Kiev.

Cette intervention s’inscrit dans les prises de position régulièrement exprimées par les autorités de l’AES sur les enjeux de souveraineté, de sécurité et d’ingérence extérieure dans la région.

Une présence diplomatique diversifiée

La rencontre a été marquée par la participation et les prises de parole de responsables et représentants de plusieurs pays et organisations, notamment le Maroc, le Togo, l’Algérie, le Congo, le Royaume-Uni, la Russie et les États-Unis d’Amérique, ainsi que des Nations Unies, de l’Union africaine et de la CEDEAO.

Pour les organisateurs, cette mobilisation témoigne de l’intérêt porté aux évolutions politiques et sécuritaires au Sahel et à la place que la Confédération AES entend occuper dans les relations régionales et internationales.

À travers cet événement organisé en marge de la semaine de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations Unies, les autorités de l’AES ont ainsi réaffirmé leur volonté de faire de la Confédération un cadre de coopération centré sur la sécurité, le développement et l’intégration socio-économique de ses États membres, tout en revendiquant une ouverture à des partenariats respectueux de leur souveraineté et de leurs intérêts.

 

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