Mali: l’armée évoque un « incident » concernant un de ses appareils

L'armée évoque un "incident" concernant un de ses appareils. Photo d'illustration. FAMA

L’armée malienne a fait état d’un « incident » concernant un appareil de son aviation samedi dans la région de Gao (nord).

Les groupes armés à dominante touareg ont affirmé samedi soir avoir abattu un avion de l’armée malienne, dans un contexte de tension faisant redouter une reprise des hostilités entre les deux camps.

La mise hors de combat d’un avion de l’armée malienne par les groupes armés du nord serait un acte inédit au cours des dernières années.

Tard samedi, l’armée malienne a indiqué sur les réseaux sociaux qu’un « incident aérien (s’était) produit au nord de Gao impliquant un aéronef de l’armée malienne » le même jour vers 18H15 (locales et GMT). Elle ne fournit aucun autre détail.

La Coordination des mouvements de l’Azawad, une alliance de groupes armés à dominante touareg, a affirmé avoir abattu « un avion des terroristes FAMA/Wagner suite à des bombardements sur (les) positions » de la CMA.

FAMA désigne les forces armées maliennes, Wagner la société de sécurité privée russe. La junte au pouvoir à Bamako est très largement considérée s’être assuré les services de Wagner, malgré ses démentis.

La tension ne cesse de monter entre la CMA et l’Etat central depuis des mois. Elles ont été accentuées avec le début du retrait de la mission de l’ONU déployée au Mali depuis 2013 et poussée au départ par les autorités maliennes en 2023.

Les groupes armés s’opposent à ce que les camps de la mission soient transférés à l’armée malienne, sur fond de rivalité pour le contrôle du territoire. La junte a fait de la restauration de la souveraineté un de ses mantras.

Ces tensions ont donné lieu à des accrochages entre armée et CMA. La CMA a accusé l’armée de bombarder ses positions.

La situation fait craindre pour l’avenir de l’accord de paix de 2015 signé par la CMA avec le gouvernement et des groupes armés loyalistes pour mettre fin aux combats déclenchés en 2012 avec les insurrections indépendantiste et salafiste dans le nord.

Les jihadistes ont continué le combat sous la bannière d’Al-Qaïda ou de l’organisation Etat islamique. L’application de l’accord reste considérée comme cruciale pour une stabilisation du pays plongé dans la tourmente. L’accord passe largement pour moribond.

Avec AFP

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