L’opinion malienne divisée sur la présence de la Minusma

La Minusma, mission des Nations Unies la plus meurtrière dans le monde, est décriée à Bamako par des mouvements de la société civile, pour son inefficacité face à la situation. Mais dans le nord du Mali, des acteurs de la société civile plaident pour le maintien de cette mission et tirent la sonnette d’alarme face à un possible retrait d’urgence inadaptée. 

Le mouvement Yerewolo vent debout contre la Minusma

Yerewolo Debout sur les remparts est l’un des mouvements les plus actifs pour demander le départ de la Minusma, la mission des Nations Unies au Mali.

À quelques semaines du renouvellement du mandat de la force onusienne, le mouvement entendintensifier les mobilisationspour demander le départ des Casques bleus du Mali. 

« Les mobilisations sont l’un des moyens les plus efficaces pour demander le départ de la Minusma, c’est l’expression du peuple qui se manifeste à travers ces mobilisations pour que ce mandat ne soit pas renouvelé », affirme Bill Traoré, porte-parole du mouvement Yerewolo.

Le mouvement conteste l’efficacité de la mission onusienne sur le terrain et exige son retrait. « Nous demandons le retrait de la Minuscma et nous ne demandons pas que le mandat soit robuste ou pas », avance encore Bill Traoré.

La Minusma pourvoyeuse d’emplois dans le nord

A 1200 kilomètres de Bamako, un tout autre son de cloche : à Gao, la Minusma est appréciée de la société civile, qui y voit notamment une opportunité de création d’emplois alors que la région fait face à une crise économique depuis plusieurs années.

« La crise a fragilisé tous les secteurs, l’économie se trouve à terre. Aujourd’hui, il est très difficile de pouvoir dénicher un emploi dans la région de Gao. Avec la présence de la Minusma, il y a beaucoup plus d’opportunités », explique Halidou Malick, le secrétaire général du Conseil régional de la société civile de Gao.

En plus de l’aspect économique, il rappelle que la mission des Nations unies joue également un rôle important dans l’accord pour la paix et la réconciliation.

« N’oublions pas aussi que nous avons signé un accord en 2015 avec les différents groupes armés. Si la Minusma devait rentrer, qui sera le garant de cet accord qui a permis aux différentes parties de se retrouver autour de la table même s’il y a quelques difficultés ? », s’inquiète-t-il.

À Tombouctou ainsi qu’à Kidal, deux autres grandes villes du nord du Mali, des acteurs de la société civile ont fait part de leurs craintes face à un retrait anticipé de la MINUSMA qui pourrait avoir des conséquences sociales et économiques.

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