« Une vague de répression s’abat sur nos cadres et militants, a affirmé Sébastien Dano Djédjé, le président exécutif du PPA-CI, lors d’une conférence de presse dimanche.
Il a cité les noms de six membres du parti, dont la député suppléante de la commune de Yopougon à Abidjan, Pascale Zaholy, qui ont été « enlevés » selon lui dans la nuit de samedi à dimanche.
Dénonçant des « arrestations arbitraires » et une « intimidation politique » du pouvoir en place, M. Dano Djédjé a réclamé la « libération immédiate » des six militants et constaté « une montée inquiétante des violations des libertés constitutionnelles ».
Le député de Yopougon Michel Gbagbo, fils de Laurent Gbagbo, a de son côté confirmé à l’AFP que sa suppléante, Mme Zaholy, a été « enlevée », à l’aube « par des personnes encagoulées ».
Dans la nuit de vendredi à samedi, à Yopougon, un bus de transport public a été incendié, une voiture de police dégradée et ses occupants « molestés par une horde d’individus », armés « de machettes, de gourdins, d’armes à feu et de cocktails incendiaires », a affirmé le procureur de la République dans un communiqué samedi.
Le procureur Oumar Braman Koné a indiqué que deux personnes ont été immédiatement interpellées sur place et qu’un « ratissage a conduit à l’interpellation de plusieurs autres qui sont en train d’être entendues », sans préciser leur identité.
Le ministre de l’Intérieur Diomandé Vagondo a indiqué dimanche soir à la télévision ivoirienne que 11 personnes avaient été interpellées à la suite de ces « moments de violence grave ».
« Dans notre pays, aucune interpellation ne se fait de façon arbitraire », a ajouté M. Vagondo.
Le PPA-CI a condamné dimanche ces violences et nié toute implication de ses militants.
En juin, des responsables de la jeunesse du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, principal parti d’opposition) avaient été interpellés pour trouble à l’ordre public, selon leur avocat.
Fin juin, Gala Kolebi, sociologue et militant chargé de la communication au PPA-CI, a été condamné à 18 mois de prison pour « diffusion de fausses nouvelles ».
Outre Laurent Gbagbo, d’autres leaders d’opposition comme le président du PDCI Tidjane Thiam ou l’ex-Premier ministre en exil Guillaume Soro sont radiés de la liste électorale par des décisions de justice et ne devraient pas pouvoir concourir le 25 octobre.
Mardi, le président Alassane Ouattara, au pouvoir depuis 2011, a annoncé son intention d’être candidat à un quatrième mandat.
Avec AFP