Au Mali, “une vaste campagne de nettoyage de la parole publique”

“La parole dissidente s’autocensure sous la férule de la junte”, affirme Le Soirdans un article consacré à la situation des libertés publiques au Mali. “Après deux coups d’État, en août 2020 et en mai 2021, le Mali est en proie à un contrôle de plus en plus aigu de la parole publique.”

Le quotidien belge interroge aussi le rôle que joue “le revirement diplomatique des militaires en faveur de la Russie” dans le verrouillage de la liberté d’expression. Alors que l’armée française était présente dans le pays depuis 2013 pour lutter contre le djihadisme au Sahel, le régime a expulsé l’ambassadeur français en janvier et invité les troupes françaises à se retirer d’ici à l’été.

La suspension de la diffusion des médias français RFI et France 24, le 17 mars, aurait été le coup de grâce. Depuis, “Bamako ne répond plus”, s’inquiète le correspondant du Soir dans la capitale malienne. Nombre des opposants et militants maliens sollicités par le journaliste refusent désormais de témoigner.

“D’efficaces moyens de surveillance”

Dans un contexte de crispations internationales, avec les sanctions de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) contre la junte, et d’instabilité intérieure, avec le terrorisme chronique, s’installe dans le pays “une vaste campagne de nettoyage de la parole publique qui souligne une dérive autoritaire du régime en place à Bamako”, selon Le Soir.

De plus en plus isolées diplomatiquement, les autorités maliennes se sont tournées vers la Russie. Le Soir note une concomitance entre l’arrivée en décembre 2021 d’“instructeurs russes, selon le gouvernement malien, ou de “mercenaires de Wagner”, selon la qualification de la France, et “des actes de surveillance et de contrôle répétés”.

“En plus de leurs armes, ils auraient apporté dans leurs bagages d’efficaces moyens de surveillance.”

Arrestations et passages à tabac se sont multipliés. Des personnalités de premier plan ont été arrêtées, tels le député Issa Kaou N’Djim ou l’ancien chef des renseignements maliens, le colonel Kassoum Goïta. Une purge qui touche même les milieux universitaires, avec l’arrestation de l’économiste Étienne Fakaba Sissoko.

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